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Les belles plages d’Occitanie : Un avant-goût de paradis

Criques abritées ou grands espaces, galets ou sable fin, chacun trouvera son bonheur sur les plages de rêve du littoral méditerranéen. Faire du kitesurf sous le vent, du snorkeling dans les réserves naturelles protégées, du kayak ou du paddle le long des côtes, ou tout simplement se baigner et lézarder au soleil… C’est ce que réserve la côte occitane, qui s’étend de la Petite Camargue à l’Espagne : 220 kms de plages préservées, une mer propre, et la promesse de passer l’été en pente douce.
Envie de plage ? Se balader les pieds nus dans le sable, plonger dans une eau turquoise transparente, se laisser bercer par le bruit des vagues, caressé par le vent… et si c’était ça, le vrai luxe ?
Au bout de chemins improbables, bordés d’étangs sauvages, nichés dans des criques discrètes, avec la faune et la flore pour seuls témoins, ces coins de paradis offrent des moments de pur bonheur, sous condition d’en respecter la richesse naturelle.

Plage de l’Espiguette.
© D. Demouy

L’ESPIGUETTE, JUSQU’AU BOUT DU MONDE

« Il y a le ciel, le soleil et la mer » égrène cette chanson des années 60. Dans la splendeur de sa nature sauvage, l’Espiguette a des allures de bout du monde avec ses 10 km de sable blond qui s’étendent jusqu’aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Née des alluvions du Rhône, dominée par un phare du 19e siècle toujours en fonctionnement, cette superbe plage se gagne par un sentier à travers des dunes qui ont des airs de Sahara. On s’y sent seul au monde, même en plein juillet, on y jouerait presque au Robinson en mode sauvage ! Le naturisme y est autorisé dans un espace délimité. Classée Grand Site de France depuis 2014, cette immense plage est unique en Europe et se distingue par la qualité de ses eaux de baignade. C’est aussi un milieu naturel qui recèle une flore et une faune particulières. Ganivelles et épis sont là pour freiner l’érosion des dunes. À la pointe du site et au large de la plage Sud, un nouveau terrain de jeu est apparu au fil des mois : un banc de sable s’est formé peu à peu, devenant un spot idéal pour y mouiller son bateau et pour prendre le vent en planche à voile ou en kitesurf. Et pour découvrir les dunes infinies et le sable blanc à la lumière dorée du matin ou en fin d’après-midi, les balades à cheval le long de la plage ajoutent au lieu un charme incroyable et un supplément d’âme.

L’Oyat éco-plage, une oasis responsable
Ici, le temps passe au rythme des rayons du soleil. Comme une oasis plantée en plein désert, l’Oyat est désormais la seule plage privée à prendre ses quartiers d’été sur l’Espiguette. À l’origine de cette paillote écologique en bois flotté, quatre copains qui ont tenu le pari du zéro déchet. La démarche responsable de l’Oyat éco-plage est en adéquation avec la protection du site naturel : pas d’eau, des toilettes sèches, des panneaux solaires, le tri des déchets. En journée, on grignote des sandwichs ou salades dans une vaisselle en bambou, plus tard on profite de soirées « music live » face au soleil couchant.

LES EAUX TURQUOISE DU LIDO DE MAGUELONE

Après le long cordon dunaire du Grand Travers et du Petit Travers entre la Grande Motte et Palavas-les Flots – spots fort appréciés des vacanciers l’été – la mer s’étend à l’ouest le long du sable clair du lido de Maguelone. Proche de la Cathédrale du même nom et de l’étang du Prévost, à seulement 15 minutes de Montpellier, il est au cœur d’un site classé Natura 2000. Ici, le sable agrémenté de petits galets gris ou orangés s’évanouit au bord d’une eau délicieusement turquoise. Loin du tumulte des plages voisines, ce lieu préservé s’étend sur 9 km. La plage du Prévost, dont les conditions aérologiques sont exceptionnelles, est prisée par les amateurs de sports de glisse et les « riders » du Festikite, événement international majeur dont la deuxième édition aura lieu en septembre 2019. Plus on s’éloigne vers Villeneuve-lès-Maguelone, plus l’environnement devient sauvage.

LA PLAGE DES ARESQUIERS, SOUS LE SOLEIL EXACTEMENT…

C’est l’une des plus belles plages et des plus isolées du littoral de l’Hérault. Une parenthèse hors du temps qui fait le bonheur des connaisseurs. Bande de sable fin couverte de galets et de coquillages par endroit, la plage des Aresquiers s’étire sur 7 km en pente plus ou moins douce, non loin du charmant village de Vic-la-Gardiole. Il faut traverser le pont des Aresquiers en voiture, puis marcher un temps sur les galets pour arriver à la terre promise : un espace naturel protégé, vierge de toute construction, pour enfin rêver les pieds dans l’eau et le regard sur le bleu intense de l’horizon. Doux bruit des vagues, caresse du vent, quelques cris d’oiseaux, le soleil et rien d’autre. La partie nord est la plus sauvage, celle plus proche de Frontignan parsemée de sable fin et de dunes. Les baigneurs en mode bikini ou naturiste, mais aussi les kite-surfers les jours de vent, se partagent cette plage magique.

L’Overboat, le bateau respectueux de l’environnement
Vous avez peut-être vu ce drôle de petit catamaran glisser sur l’eau au large de Balaruc. Léger et futuriste, à propulsion électrique, propre et silencieux, il procure des sensations de glisse uniques grâce à des foils automatisés rétractables. Imaginé par l’océanographe Vincent Dufour et conçu avec l’aide d’une équipe d’experts de l’université de Montpellier, l’Overboat est une nouvelle façon de naviguer sans polluer ni perturber la vie marine. Le concept s’articule autour de trois technologies combinées : une propulsion électrique silencieuse et écologique, des foils autorégulés et un contrôle automatique de la stabilité du bateau. L’équipe a prévu de lancer la production de son premier Overboat cet été.

SUR LA PLAGE DES COUSSOULES, LE VENT EST UN SEIGNEUR

La côte Vermeille, Banyuls.
© G. Deschamps – CRT Occitanie

Nichée dans une pinède, la station balnéaire de La Franqui affiche une ambiance à la fois familiale et branchée. Investie par les amoureux du vent, elle accueille chaque année le Mondial du Vent, grand rassemblement de kitesurfs et de planches à voile sur la splendide plage des Coussoules, où mouillaient jadis les galères phéniciennes. Après avoir laissé le parking, on traverse pieds nus une petite bande d’eau salée de faible profondeur, longée par les prairies de salicornes, pour se retrouver sur la plage. Cette vaste langue de sable entre l’étang de la Palme et la mer laisse la part belle aux estivants, qui font cependant bon ménage avec les chars à voile et les cerfs-volants. La plage des Coussoules est classée Natura 2000, préservée par son appartenance au Parc naturel régional de la Narbonnaise. On aperçoit au loin les falaises de Port La Nouvelle au nord et de Leucate au sud. La brise marine atténue les ardeurs du soleil, les balades sur le rivage y sont délicieuses, animées par la découverte de bois flottés déposés par la mer au gré de ses humeurs.

LA PLAGE DU RACOU ET SES CABANONS DE PÊCHEURS

Le Racou vient du catalan « El Raco », qui signifie le recoin : le site est ainsi dénommé car il est protégé du vent. Prolongement de la côte sablonneuse au sud d’Argelès-sur-Mer, loin des plages bondées du front de mer, la plage du Racou est connue pour son ambiance nature, intemporelle et familiale, son allure délicieusement bobo. Au début, il n’y avait que quelques cabanons en bois sur la plage, pour accueillir les baigneurs. C’est dans les années 1930 que sont construites les premières maisons de pêcheurs. Posé sur le sable avec ses ruelles ombragées débouchant sur la mer, le village a un parfum de paradis, dépaysement garanti ! Ici, il faut enlever ses tongs, laisser le temps filer et marcher le nez au vent. Sur la plage aux eaux transparentes, les journées sont bien remplies et les soirées sont douces. Au sud d’Argelès, les Pyrénées commencent leur plongeon dans la Méditerranée, interrom- pant la longue succession d’étangs, de lagunes et de bandes de sable du littoral languedocien qui font le bonheur des amateurs de sports de glisse. Le Massif des Albères dessine une côte rocheuse déchiquetée aux teintes rouges qui donne son nom à la côte Vermeille. Caps, anses et criques et calanques sauvages se déroulent au-delà de la frontière avec l’Espagne.

À COLLIOURE LA PLAGE SAINT-VINCENT

Les villes-ports de Collioure, Port-Vendres, Banyuls, Cerbère ont investi les baies les mieux abritées, s’appuyant sur les versants cultivés de vignes en terrasses ou couverts de végétation basse. Village balnéaire plein de charme, envahi par les touristes, Collioure offre une vue époustouflante sur la Méditerranée. Pendant longtemps, ses plages servaient à parquer les barques des pêcheurs d’anchois. Aujourd’hui, la plage Saint-Vincent, croissant doré de sables et galets qui s’étire au pied de l’église Notre-Dame-des-Anges, offre aux vacanciers une eau d’une divine clarté et une vue imprenable sur le Château-Royal. À deux pas des ruelles et places ombragées abritant ateliers d’artiste et restaurants.

PAULILLES, LE BIJOU DE LA CÔTE CATALANE

Entre Port-Vendres et Banyuls, la route ondule à flanc de vignes en terrasse. Sur la côte rocheuse au creux des derniers contre- forts des Pyrénées, schistes rouges, sable blanc et galets multicolores bordent les eaux claires de l’anse de Paulilles. L’arc littoral embrasse l’ancienne dynamiterie installée en 1870 après la chute de Sedan – mémoire de l’activité ouvrière du lieu – et ses alcôves rocheuses. Abritée par le Cap Béar qui se jette à l’eau au nord et le Cap Oulestrell au sud, la baie de Paulilles s’ouvre sur trois superbes plages à l’abri de la tramontane, qui recèlent une richesse aquatique insoupçonnée : poissons, coquillages et crustacés y abondent. Ici, la mer limpide est peu profonde, masque et tuba s’imposent pour observer la faune et la flore en toute tranquillité.

L’Atelier de restauration des barques
Sur le site classé de l’anse de Paulilles, à proximité de l’ancienne dynamiterie installée en 1870 par Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, cet atelier a pour vocation de sauvegarder le patrimoine maritime grâce à la restauration d’une collection de barques catalanes. Ces vieux gréments, aujourd’hui classés « Monuments historiques », étaient utilisés en Méditerranée depuis l’Antiquité, pour pêcher au filet sardines et anchois. En visitant l’atelier, on peut admirer le travail effectué dans les règles de l’art par les charpentiers de marine qui redonnent vie à ces embarcations traditionnelles multicolores au charme si particulier : ainsi la Mouette, type de barque à fond plat qui navigue sur le littoral roussillonnais, ou encore la barque Charlotte, adaptée pour la pratique des joutes nautiques. L’atelier est aussi un lieu de formation pour les jeunes désirant apprendre le métier.

LA PLAGE DE PEYREFITE ET LE SENTIER SOUS-MARIN DE CERBÈRE

Réserve Marine, Sars à tête noire.
© Didier Fioramonti

À quelques encablures de l’Espagne, la plage de Peyrefite ponctue le paysage de ses courbes douces. Cette grande crique de galets est au cœur de la Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls, site préservé et protégé : là, accessible seulement en juillet et en août, un sentier sous-marin balisé permet de découvrir les fonds rocheux de cette réserve qui abrite de nombreuses espèces rares, comme le grand dauphin, la tortue caouanne, le corail rouge ou l’hippocampe mouchetée. Pour cette randonnée aquatique de 500 mètres (aller/retour), il suffit de nager avec palmes, masque et tuba. Initiative originale : au point d’information sur la plage, on peut louer un tuba spécial pour entendre sous l’eau les commentaires de bornes émettrices ! Le sentier sous-marin est ponctué de stations d’observation représentant 5 écosystèmes différents. La balade ludique s’apprécie en famille, le temps d’un plongeon dans les eaux rafraîchissantes, entre deux siestes au soleil.

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